Un film documentaire sur Kateb Yacine
Le FCNAFA a été ouvert par un produit intitulé Un
poĂšte peut-il mourir ? Un film sur la vie et lâĆuvre de Tahar Djaout.
La ville balnĂ©aire dâAzeffoun, Ă 60 km au nord-est de Tizi Ouzou, sâest parĂ©e de ses plus beaux atours pour accueillir les invitĂ©s du Festival culturel national annuel du film amazigh (FCNAFA), dont le coup de starter a Ă©tĂ© donnĂ© samedi dernier. Lâex-Port Gueydon vivra ainsi, jusquâau 23 mars, au rythme des activitĂ©s du 7e art. La cĂ©rĂ©monie dâouverture de cette Ă©dition a Ă©tĂ© rehaussĂ©e par la prĂ©sence de plusieurs figures artistiques trĂšs connues, Ă lâimage de Lounis AĂŻt Menguellet et Kamal Hamadi, Ben Mohamed, SaĂŻd et Mohamed Hilmi, BoudjemaĂą El Ankis, Ali Mouzaoui ainsi que Abderahmane Bouguermouh. Le prĂ©sident de lâAPC dâAzeffoun, Hocine Ouali, dira que «câest un grand honneur pour notre commune dâabriter une manifestion de ce genre, qui permet de faire sortir la localitĂ© de sa lĂ©thargie et dâhonorer par la mĂȘme occasion nos artistes.
Azeffoun est une rĂ©gion dâartistes, mais elle est aussi une rĂ©gion de martyrs.» El Hachemi Assad, commissaire du festival, a rappelĂ©, pour sa part, lâobjectif de cette Ă©dition qui vise, selon lui, Ă promouvoir le cinĂ©ma amazigh de proximitĂ© et donner la chance aux jeunes talents de lâAlgĂ©rie profonde. Le prĂ©sident du jury, le rĂ©alisateur Mohamed IfticĂšne, enfant de la rĂ©gion, a prĂ©cisĂ© : «Nous allons sĂ©lectionner les laurĂ©ats de cette Ă©dition en fonction de la qualitĂ© du film.» Le directeur de la culture, Ould Ali El Hadi, a estimĂ© que «cette Ă©dition marque le dĂ©but dâune large dĂ©centralisation de la vulgarisation de lâeffort cinĂ©matographique au niveau de notre wilaya.»
Slimane Hachi, reprĂ©sentant du ministĂšre de la Culture, a soulignĂ© lâimportance de lâinstitutionnalisation des festivals du cinĂ©ma pour crĂ©er des espaces dâexpression pour les professionnels du
7e art. Le FCNAFA a Ă©tĂ© ouvert par un produit, hors compĂ©tition, intitulĂ© Un poĂšte peut-il mourir ? Il sâagit dâun documentaire sur la vie et lâĆuvre de Tahar Djaout, poĂšte,
journaliste et Ă©crivain assassinĂ© en 1993. Pour ce qui est du programme dâhier, lâon a notĂ© la projection, entre autres, Ă la salle des fĂȘtes dâAzeffoun, du film Ahmed
Oulkadi, un roi kabyle de Hacene AĂŻt IftĂšne, dans le cadre de la compĂ©tition pour dĂ©crocher lâOlivier dâor et Tapis du Mâzab, de Kacem Ben Zekri, en panorama.
Par ailleurs, notons quâune confĂ©rence intitulĂ©e «Le cinĂ©ma, moyen de valorisation de lâhistoire nationale» a Ă©tĂ© animĂ©e samedi dernier par des figures de proue du mouvement national. «GrĂące Ă
lâimage, le monde entier a dĂ©couvert ce que le colonialisme a fait subir aux AlgĂ©riens durant la guerre de libĂ©ration et durant plus dâun siĂšcle dâoccupation», a expliquĂ© Louizette Ighilahriz
qui a estimĂ© aussi que lâimage est prĂ©cieuse avant et aprĂšs lâindĂ©pendance et ce, pour lâĂ©criture de lâhistoire. Dans son intervention, Youcef El Khatib a, de son cĂŽtĂ©, parlĂ© du rĂŽle du
cinĂ©ma dans lâorganisation et la structuration politique et militaire de la rĂ©volution, comme il a Ă©galement abordĂ© le rĂŽle quâa jouĂ© lâarchitecte du congrĂšs de la Sommam, Abane Ramdane, dans
la rĂ©unification des rangs. Le troisiĂšme intervenant, le comĂ©dien Mohamed Hilmi, a Ă©voquĂ© le rĂŽle jouĂ© par le cinĂ©ma algĂ©rien aprĂšs lâindĂ©pendance pour «contrer la propagande de la France». Le
festival se poursuit avec, au menu, aujourdâhui, les films La troisiĂšme vie de Kateb Yacine et Parole dâun prisonnier de lâALN rĂ©alisĂ©s respectivement pas Brahim Hadj Slimane et Salim
Aggar.          Â
Hafid Azzouzi, El Watan