Les sons et les signes
Une langue se
compose de mots. Le mot est un signe qui reprĂ©sente une image, une idĂ©e ou un mode quelconque de lâesprit, par le moyen dâun son ou dâun groupe de sons.
On distingue deux sortes de sons, les voyelles et lesconsonnes.
Une voyelle est un son produit par lâair qui, sortant du larynx, fait vibrer les cordes vocales et sâĂ©chappe librement de la bouche. Autant il y a de positions diffĂ©rentes des lĂšvres et de la langue dans cette Ă©mission, autant il y a de voyelles. On en compte ordinairement seize principales.
Si le son est Ă©mis uniquement par la bouche, on a les voyelles dites orales : a ouvert, a fermĂ©, e ouvert, e fermĂ©, i,o ouvert, o fermĂ©, ou, u, eu ouvert, eu fermĂ©, e dit muet. Cet esâappelle ainsi parce quâil ne se prononce pas dans beaucoup de cas. Il sâentend spĂ©cialement dans les monosyllabes comme je, me, te, le. Il sâentend aussi dans les vers et joue un rĂŽle essentiel dans lâharmonie de la poĂ©sie française.
Si le son Ă©mis Ă la fois par la bouche et par le nez, on a les voyelles dites nasales quâon prononce dans les mots comme an, in, on, un.
Pour noter ces voyelles, lâorthographe française ne dispose que de six signes : a, e, i, o, u, y. Y, signe de voyelle, est un simple Ă©quivalent du signe i. On lâemploie surtout dans la transcription des mots dâorigine grecque : crypte, rythme, lyre, etc. Pour remĂ©dier Ă cette insuffisance de lâalphabet, on a dĂ» recourir Ă des combinaisons de signes tels que ai, eu, oeu, au, etc. Les sons e ouvert et efermĂ© sont souvent notĂ©s, le premier par lâaccent grave (Ăš), le second par lâaccent aigu (Ă©).
Une consonne est un son produit par lâair, qui, sortant du larynx, tantĂŽt fait vibrer, tantĂŽt ne fait pas vibrer les cordes vocales et qui, pour sâĂ©chapper de la bouche rompt un obstacle. Cet obstacle est soit la fermeture des lĂšvres, soit lâappui de la langue contre les lĂšvres ou des dents ou le palais. Les sons produits ainsi sont : p, b, m, f, v, t, d, n, s dure, s douce, l, r, k, g, ch, j, ou consonne dans rouet, uconsonne dans lui, le son nommé yod qui est notĂ© tantĂŽt par i (pied), tantĂŽt par y (payer) et nmouillĂ©e notĂ©e par gn. Outre n mouillĂ©e, le français a possĂ©dĂ© jusquâau XIXe siĂšcle une l mouillĂ©e notĂ©e par il et ill. Mais aujourdâhui fille se prononce fiye par un yod. On compte souvent comme consonne lâh dite aspirĂ©e. Ce son, qui a existĂ© dans la trĂšs ancienne langue en des mots dâorigine franque, ne se prononce plus que trĂšs rarement. Lâh aspirĂ©e est surtout un signe qui sert Ă Ă©viter la liaison : la hache, les haches. Quant Ă lâh dite muette, câest un signe orthographique qui ne correspond Ă aucun son.
Les consonnes se divisent en sourdes et sonores suivant quâelles font vibrer ou ne font pas vibrer les cordes vocales :p, f, t, k, etc., sont des sourdes, b, v, d, g, etc., sont des sonores.
Comme pour les voyelles, lâorthographe a dĂ» remĂ©dier Ă lâinsuffisance de lâalphabet en recourant Ă des combinaisons de signes, telles que ç, ss, qu, cqu, etc. Les notations ph, ch, th, ont Ă©tĂ© spĂ©cialement utilisĂ©es pour indiquer lâorigine des mots empruntĂ©s au grec ; le signe w, sâemploie particuliĂšrement pour les mots dâorigine anglaise ou allemande et correspond tantĂŽt au son v danswagon à  ou consonne dans tramway. Le signe x correspond Ă Â kç, dans excĂšs, Ă Â gz dans exemple.
