Conseils pour consoler son enfant
Quand votre bout de chou de quatre ans est rentré le cœur gros comme une pastèque, vous avez d’abord pensé à une querelle avec sa copine Léa. Mais
quand il vous a répondu de sa voix fluette que l’amour, c’était fini pour lui, vous avez dû vous rendre à l’évidence en mettant le mot juste : chagrin d’amour.
« Y’a pas que les grands qui s’aiment », fredonnait en 1989 Mélody, jeune lolita qui rêvait qu’un grand boutonneux
l’ « embrasse sur les lèvres, pas comme une enfant. » Mina, deux ans et demi, n’a pas eu besoin d’attendre la préadolescence pour que son rêve se réalise : son copain de
crèche la bécote déjà comme une adulte. Si les histoires d’amour « encouragées par les nouveaux parents débutent plus tôt », constate le pédopsychiatre Marcel Rufo, son cortège de
larmes aussi.
Lilyrose, quatre ans tout rond, peut en attester. « L’été dernier, témoigne sa maman, ma fille a passé ses vacances avec Ernest.
Un jour, il lui a offert un livre intitulé Mon amoureuse. À force de le lire et de poser des questions, elle a intégré l’idée qu’Ernest était son petit copain. Mais quand la rentrée
venue, il l’a quittée pour Louise, elle a eu le cœur brisé. » Désemparée face à la tristesse de son bout de chou, Valérie a essayé de trouver les mots justes, une mission à priori complexe
quand l’interlocuteur a seulement quatre ans. « Même un petit a besoin de voir que ses émotions sont prises au sérieux, insiste Marcel Rufo.
Par Sandra Franrenet